Révision des programmes : une rencontre « inutile » selon des participants

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Plusieurs participants ont poussé des soupirs lorsque le ministre Victor Boudreau a rappelé les défis financiers de la province.  Photo :  ICI Radio-Canada/Antoine Trépanier

Des résidents de la région de Bouctouche fustigent le gouvernement du Nouveau-Brunswick d'avoir tenu « une rencontre [publique] inutile » dans le cadre de sa révision stratégique des programmes.

Cette première de dix rencontres dans le cadre de la tournée provinciale du gouvernement a été marquée par une salle comble et débordante. Mais, le découragement de citoyens qui s'attendaient à en savoir davantage sur les intentions du gouvernement à l'approche du budget qui sera déposé le 2 février prochain se faisait également sentir.

Ils étaient plusieurs à souligner que la rencontre publique n'aurait aucune incidence sur les choix faits par le gouvernement.

« C'est une perte de temps ce soir, les décisions sont prises déjà. Leurs décisions sont prises déjà. La seule raison pour laquelle je suis ici ce soir, c'est pour m'assurer qu'ils ne toucheront pas un chiffre à l'hôpital Sainte-Anne. Je vais aller le dire au ministre », a déclaré Onide Maillet, un résident de Sainte-Anne-de-Kent.

« Les décisions finales n'ont pas été prises, le budget n'a pas été envoyé à l'imprimerie et les décisions finales n'ont pas encore été prises par le cabinet. »
— Victor Boudreau, ministre responsable de la révision stratégique des programmes

Le ministre responsable de la révision stratégique des programmes, Victor Boudreau, a rapidement nié que les décisions finales étaient prises. Le ministre des Finances, Roger Melanson, déposera son deuxième budget le 2 février, soit moins de deux semaines après la dernière rencontre publique qui se tiendra à Bathurst. 

M. Boudreau répète que le gouvernement écoute attentivement les suggestions des citoyens. Dans l'exercice de lundi soir, les participants devaient donner leur opinion par rapport à des possibles compressions en santé et en éducation. Ils devaient également songer à la possible fermeture d'hôpitaux. Or, lundi matin, le premier ministre Brian Gallant a affirmé que l'éducation et la santé seraient préservées.

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Le ministre Victor Boudreau  Photo :  ICI Radio-Canada/Antoine Trépanier

« Le premier ministre a dit très clairement que faire des coupures en santé et en éducation n'était peut-être pas l'approche à prendre, basée sur les commentaires qu'il reçoit depuis quelques mois. Mais ça, ça ne règle pas le problème. Le problème est toujours là et il faut aller chercher 600 millions », a déclaré M. Boudreau.

Par ailleurs, plus de 300 personnes se sont déplacées au Centre J.K. Irving de Bouctouche, dans le sud-est du Nouveau-Brunswick, pour participer à l'exercice visant à cibler les meilleurs moyens pour redresser les finances publiques. Les organisateurs planifiaient en accueillir entre 90 et 120.

« Je m'excuse auprès de ces gens-là, ce n'était pas prévu. On a prévu le double de la dernière réunion ici et ç'a été plus que ça. Il y a neuf autres séances comme celle-là. Il faudra certainement s'ajuster en conséquence », a déclaré le ministre responsable de la révision stratégique.

Des syndicats s'en mêlent

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Des syndiqués ont assisté en silence à la réunion de Bouctouche.  Photo :  ICI Radio-Canada/Antoine Trépanier

Plusieurs syndiqués des secteurs de la santé et de l'éducation ont pris place dans la salle. Silencieux, équipés de pancartes, ils exprimaient leur opposition aux mesures que compte prendre le gouvernement dans les semaines et mois à venir.

« Ça fait plusieurs années qu'on participe à ces rencontres publiques et cette année, nous avons décidé de faire un protêt silencieux parce que le gouvernement ne nous écoute pas. L'année dernière nous avons fait des suggestions qui n'ont même pas été retenues cette année, donc nous avons décidé de faire un boycottage », a déclaré le représentant régional du Syndicat canadien de la fonction publique, Marcos Salib.

« On vient ici parce qu'on est intéressés, mais que finalement, parce qu'on ne nous écoute pas on ne va pas partager avec eux. »
— Marcos Salib, représentant régional pour le Syndicat canadien de la fonction publique

Le ministre Victor Boudreau a rétorqué que les syndicats devaient cesser de s'opposer aux suggestions du gouvernement et soumettre des idées pour redresser les finances publiques.

« C'est leurs droits de faire valoir leur opinion. Mais ce que je leur ai demandé, c'est une chose de nous dire les choses qu'ils n'aiment pas, mais il faut qu'ils nous disent les choix qu'ils sont prêts à vivre avec. Il faut faire des choix et des choix difficiles », a-t-il dit.