Réseau Vitalité: le congédiement de Pierre Verret était «discriminatoire»

7 janv. 2016, Acadie Nouvelle

Le renvoi d’un cadre du Réseau Vitalité en juillet 2014 faisait partie d’une restructuration «déguisée» de l’administration supérieure, a tranché l’arbitre des relations du travail qui a ordonné sa réintégration au sein de l’organisation.

Les explications du Réseau Vitalité voulant que l’ex-chef des opérations de la Zone du Nord-Ouest, Pierre Verret, ait été congédié dans le cadre d’une restructuration administrative n’ont pas réussi à convaincre l’arbitre chargé d’entendre la plainte de congédiement discriminatoire.

L’arbitre, Me Sacha Morissett, a fait remarquer que M. Verret a été le seul à perdre son emploi dans le cadre de cette restructuration où les autres membres ont plutôt vu leurs tâches être modifiées ou ont hérité du titre de «vice-président».

Pierre Verret a été démis de ses fonctions le 22 juillet 2014. Il a contesté son renvoi survenu alors qu’il était absent de son travail pour des raisons de santé.

Il a gagné sa cause en arbitrage. Son congédiement a été jugé sans raison valable et discriminatoire. Il a réintégré l’organisation 13 mois plus tard. Depuis septembre 2015, il occupe le poste de vice-président aux Ressources humaines, Gestion des contrats et des projets d’infrastructures majeurs.

L’Acadie Nouvelle a obtenu une copie de la décision rendue dans cette cause en juillet.

Lors de son témoignage durant l’audience, M. Verret a dit que sa relation avec le PDG Rino Volpé a commencé à se dégrader (voir encadré). Il a été placé en congé de maladie par son médecin pour une absence qui s’est prolongée. M. Verret a aussi témoigné que l’ancien PDG semblait fort préoccupé par l’administration de la Zone 4 pendant son absence de longue durée.

Pendant son congé de maladie, M. Verret a rencontré M. Volpé qui lui a remis une lettre attestant la fin de son emploi. Selon le plaignant, aucune raison ne lui a été donnée pour son renvoi.

Il a été surpris puisque son travail n’a jamais été mis en doute pendant ses 20 ans de service dans l’administration du système de la santé. Pour lui, ce congédiement a été discriminatoire et lié au fait qu’il était absent de son travail pour des raisons médicales.

Selon l’arbitre, Me Sacha Morrissett, le Réseau Vitalité n’a pas donné de raisons convaincantes pour justifier ce renvoi. Il soutient que les arguments comprenaient des lacunes.

«Le fait d’avoir effectué un congédiement sans raison alléguée et d’avoir offert une compensation ne suffit pas pour affirmer que le congédiement n’était pas discriminatoire. Je ne suis pas convaincu que son absence au travail ne fait pas partie des raisons de son renvoi», a écrit l’arbitre Morissett dans sa décision.

Selon le Réseau Vitalité, ce renvoi faisait partie d’une restructuration et n’était pas lié au fait que M. Verret était en congé de maladie. Or, l’arbitre Morissett a rejeté ces affirmations puisqu’aucun document au sein de l’organisation ne laissait entrevoir que cette possibilité était sur la table, a-t-il noté.

Le sujet d’une éventuelle réorganisation n’avait pas été discuté lors d’une rencontre du conseil d’administration du Réseau Vitalité quelques semaines avant le congédiement.

L’arbitre a aussi fait remarquer que le Réseau Vitalité, par l’entremise d’un communiqué de presse six jours après le renvoi de M. Verret, a désigné une autre personne pour occuper le poste qui portait exactement le même titre.